Dracula (2020)


Transylvanie, Roumanie. 1897. Le Comte Dracula boit du sang tout en dessinant ses futurs projets contre le Londres victorien.


Piquant et Mordant

Note : 3 sur 5.

Steven Moffat et Mark Gatiss, c’est surtout pour les récentes séries de « Sherlock » et « Doctor Who (2005) » qu’on les reconnaît. Mais qu’y a-t-il de plus à ajouter au mythe créé par Bram Stoker ? Tout le monde aujourd’hui, connaît le personnage, ses caractéristiques, sa vulnérabilité et son goût pour le sang. Il serait évident de lui accorder une touche moderne, mais pas seulement, car il sera question d’héritage, habilement mise en scène, car on se permet de s’éloigner du roman ou d’autres œuvres telles que « Nosferatu » de Murnau ou des « Dracula » de Tod Browning et Francis Ford Coppola. Il s’agit de revisiter le mythe d’une créature complexe, mais qui ne manque pas de nuance. Nous approchons le comte avec une telle passion que le personnage est lui-même dévoré par son interprète.

Dans le premier épisode, Claes Bang redore l’image du roi des vampires et nous envoûte avec un charisme sanglant. Pas étonnant que son discours nous remplit de curiosité, car on s’amuse en même temps à redécouvrir les particularités des maléfices qui entourent Dracula. Mais c’est en exploitant le concept au maximum, qu’on parvient à attirer le récit, avec un brin de mystère que l’on dilue avec malice. Si nous revenons en terres Transylvanienne pour cet acte implacable, on ne manque pas d’originalité. Et pour préserver les bonnes surprises de cette folle aventure, il faut bien se convaincre de ces bienfaits, notamment lorsque l’on décortique les saveurs du sang et l’affreuse addiction du comte. Il existe une certaine distance avec ses victimes, mais la plus lucrative reste auprès de Jonathan Harker, qui a de quoi plaire, malgré une métamorphose évidente. Dans sa peine, nous découvrons le visage de l’humanité et de la foi, comme si la bonté serait suffisante pour triompher. Mais la réalité est tout autre et le combat se poursuit à travers le monde et les générations.

Le deuxième acte, quant à lui, constitue un huis-clos qui épuise rapidement son concept, car nous ne retrouvons pas assez longtemps les craintes et la terreur de l’environnement. Il n’y a que le protagoniste aux dents pointues qui agit si sournoisement qu’on se laissera séduire par sa performance, une nouvelle fois. Et c’est d’autant plus dommage d’engager sa némésis Van Helsing dans une lutte qui perd aussitôt de l’intérêt, malgré une transition alléchante. Pas à la hauteur de l’introduction, le contre-pied est presque parfait, car on tranche net avec ce qui avait pu nous magnétiser à Dracula. Les raisons se confrontent donc, selon le calibre d’un équipage qui voit lentement ses désirs devenir des cauchemars. Ce concept est simplement poussé à bout, car avec Harker, nous avions déjà reçu les meilleurs soins et promotions. Seul l’humour du comte persiste et entretient les bonnes manières face à un visionnage qui s’éternise.

Il faudra attendre un tout dernier épisode pour s’étonner de la manière dont la mise en scène se révèle sophistiquée et audacieuse. Mais lui aussi rencontre ses limites, bien que l’idée soit plaisante et nous offre des belles fresques symboliques. Mais que devons-nous retenir de cette mini-série qui semble passée à côté de quelque chose de plus grand ? Il s’agit simplement de se laisser mordre, en laissant l’influence vampirique nous guider, quitte à croiser le gore avec l’humour, comme s’il fallait justement prendre plaisir au spectacle, dans le sens poétique du terme. Alors oui, c’est un plaisir de réinstaller ce vieux mythe dans notre époque, qui a souvent besoin d’un catalyseur sanguinolent pour ne pas oublier un classique de la littérature et du 7ème Art.


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