Greenland – Le dernier refuge


Une comète est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son ex-épouse Allison et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchainent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu de ce chaos.

De haut en bas

Note : 2.5 sur 5.

Après s’être fait la main sur de l’action décomplexée, comme « Infiltré », « Shot Caller » ou encore « La Chute du Président », Ric Roman Waugh retrouve Gerard Butler dans une mission toujours périlleuse, mais qui soulèvera une certaine audace, chose qu’on ne peut qu’apprécier, en cette période estivale. Lorsque l’humanité prend conscience d’une extinction venue des cieux, ou plus loin encore, elle se redéfinit dans ces ultimes instants et s’accorde même à identifier sa vulnérabilité. La culture américaine, sa fable de la surconsommation, son excès et son avidité servent le parcours d’une famille en crise. Cela fonctionne avec une incroyable efficacité, jusqu’à ce qu’on la rabatte sur les sentiers d’un survival tendu, mais attendu.

Nous passerons évidemment un peu par toutes les cases, du pillage à la violence de masse et autres débordements d’une humanité déjà dans le déclin. Il n’attendait qu’une ouverture pareille pour s’exprimer et reconquérir ses droits ou biens. Cependant, la situation oblige la table rase sociale, du moins dans le fond et c’est à ce moment qu’on peut se permettre d’exploiter la diversité et ce filon. Butler met alors de côté la castagne à tout-va et troque son gilet pare-balles contre du casual d’Américain moyen. De cette volonté découle un réel sentiment de retenue, comme si une passerelle prenait forme, entre la course contre la montre de la famille Garrity et cette œuvre qui cherche une certaine approbation pour sa modestie assumée. Et même si le récit court plus vite que les protagonistes, on pourra y trouver de l’espoir, celui qui ne martèle pas le spectateur de ventres mous comme il en a l’habitude de voir ou de revoir.

On pense inévitablement à « La Guerre des Mondes » de Spielberg, avec un côté plus bourrin, mais pas tant que ça. En survolant quelques enjeux ou clichés, l’audience finit par capter cette détresse qui atteint les personnages, dès la première excursion, hors de sa zone de confort. On ne s’éternise pas non plus dans le drame familial, mais c’est la durée du film qui pèse contre un rythme effréné. Cette justification n’est qu’à moitié valide, car on ne creuse jamais assez en profondeur. Là où l’on se tortille de subtilités, ce qui n’est pas pour déplaire, il aurait mieux valu aborder les problématiques frontalement. Si Nathan (Roger Dale Floyd) devrait relier les deux parents séparés, il n’en est rien, si ce n‘est que forcer le MacGuffin et autres tremplins scénaristiques qui sonneront comme téléguidés par des indices, maladroitement introduits. À côté de ça, Morena Baccarin impressionne encore, dans le rôle d’une mère courageuse, et ne minimise pas les dégâts quand il s’agira de faire face au monde incompréhensible qui l’entoure.

Finalement, doit-on y voir un hommage à « Deep Impact » et autres « These Final Hours » et « The Impossible » dans l’histoire ? Ou n’est-ce que l’objet d’un fastidieux blockbuster déguisé par ses effets visuels low cost ? Eh bien le croisement est loin d’être catastrophique, ironiquement. « Greenland » ne surclasse pas pourtant ses prédécesseurs, mais ne tombe jamais dans la série Z, car s’applique à rendre son récit efficace, ses personnages cohérents et sa comète sans pitié, à défaut de créativité. Le résultat n’est pas toujours celui escompté, comme pour les émotions qu’il véhicule, mais le compromis est gagnant et sauve les apparences.

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