La Momie (1932)


Dans l’Égypte ancienne, le grand prêtre Imhotep a été enseveli vivant pour avoir volé un manuscrit qui devait ressusciter sa belle. Découvert sous forme de momie par un archéologue, rendu à la vie, il monte une expédition pour retrouver la tombe de sa bien-aimée. Mais celle-ci s’est réincarnée en jeune femme moderne, et il lui faut la conquérir.


Un Amour Éternel

Note : 3.5 sur 5.

Directeur photographique de « Le Dernier des Hommes », « Le Golem », de « Metropolis » et « A l’Ouest, rien de nouveau » pour ne citer qu’eux, Karl Freund porte des bagages qui lui serviront fièrement dans la réalisation de son premier long-métrage, pleine de bonnes intentions, ceci malgré quelques maladresses qu’on pardonnera aisément. Si son influence pour les impressionnistes allemands l’amène à user d’une mise en scène très sobre et d’une noirceur identifiable, le sujet s’y prête bien, car elle nous fait remonter à des temps anciens, où le conflit entre l’homme et le devient une lutte tronquée de pièges sentimentaux.

Après le monstre de Frankenstein, Boris Karloff campe le prêtre Imhotep, à la fois une créature démoniaque et un amant tendre. Il devient rapidement le conquérant d’un monde moderne où il renaît par la maladresse d’un explorateur trop curieux. Ce personnage, trop entêté à assumer sa mortalité, ne peut supporter le fardeau des dieux qui le soumet à espérer et à se sacrifier afin qu’il comprenne ce qu’il représente dans ce monde. Le moderne le rejette, mais il existe comme une force qui le complète. Il s’agit notamment du charme et de la passion qui sépare deux êtres. Les conventions sociales exigences bien plus que de la sincérité dorénavant, or l’histoire d’amour qui découle entre Imhotep et sa bien-aimée admet un sentiment beaucoup plus concret et palpable.

On comprend aisément les intentions du réalisateur, mais l’écho à la créature de Frankenstein peut laisser des sceptiques derrière cette ambition redondante. Ce qui se démarque, c’est notamment la mise en scène du hors champ. On induit souvent tout ce qui se trame autour de la momie avec les bandelettes qui illustrent sa nervosité et son aspect peu mécanique, mais tétanisant. Son voyage royal est également d’une profondeur dramatique que l’on retrouve dans un amour qui traverse les millénaires. Cette passion ne justifie pas toutes les atrocités, pourtant nécessaires, mais cela enrichit cette incompatibilité entre la culture de l’Egypte Ancienne et celle de l’occident, qui dénature et démythifie le respect des morts et de la religion.

« La Momie » bluffe dans un ton sombre et avec un maquillage à l’appui. Karloff, grâce à sa voix caverneuse, se détache tout de même de ce que Frankenstein a pu créer. Ils diffèrent par leurs ambitions, bien qu’on se ramène toujours à l’amour ou la quête identitaire à travers les âges. Les malédictions constituent tout un support prolifique pour cette créature qui trouve sa place parmi les monstres d’Universal.


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