L’Inspecteur Harry


Si la police de San Francisco ne remet pas immédiatement 200 000 dollars à un homme qui vient de commettre un crime, il recommencera au rythme d’un assassinat par jour. L’inspecteur Harry Callahan est sur ses talons.


Five or six shots ?

Note : 4 sur 5.

Tout juste après la sortie de « Les Proies », Don Siegel et Clint Eastwood se retrouvent pour un policier très ancré dans les faits divers d’une ville où le taux de criminalité a énormément grimpé. San Francisco est une ville rongée par les vices et par la rage de vaincre tout obstacle qui se dresse face à lui. Or, ce genre d’homme aussi convaincu par la justice ou le crime, il y en a pour tous les goûts. Et c’est en introduisant un personnage atypique, non loin d’être solitaire, mais surtout captivé par ses compétences qu’il met au service de sa justice, sa propre vision.

S’il pense que ce qu’il exécute est noble et parfait, cela ne veut pas pour autant dire que c’est ce qu’il faudrait faire. Voilà toute l’ambiguïté du personnage campé par Eastwood, Harry Callahan, un inspecteur dont le quotidien est chargé, à l’image de son magnum 44, qui ne manque pas de personnalité. Et grâce à la partition de Lalo Schifrin, nous sommes plongés dans le rôle des deux prédateurs. On y reconnaît d’un côté la soif de sang et de l’autre le doute et la détermination. Un jeu de chasse prend alors forme dans une ville qui instaure un climat d’indifférence. Le système mis en place n’est pas adapté à la justice que prône Callahan, alors que ce dernier vit encore pour elle.

Le discours tient autant pour ce héros détestable dans l’attitude que pour les nombreux policiers en fonction, certains perdant leur vie. Il existe comme un hommage aux victimes, qui n’héritent pas des droits qui leur sont accordés. Alors que les psychopathes comme le Scorpio passent à travers les mailles des forces de l’ordre, la question d’équilibre est remise au goût du jour et en public. Qu’est-ce que la loi ? Entre les pauvres qui se soulèvent et les délinquants qui se manifestent aux heures sombres, il existe un sentiment d’insécurité dans une ville où tout peut arriver à n’importe qui. Personne n’est intouchable, ni même Harry et sa vocation. Cependant, il n’hésite pas lui-même à se révolter contre sa hiérarchie s’il n’est pas entièrement satisfait. Il provoque toute la tension dont nous avons besoin pour brosser un portrait ouvert d’un monde presque oublié, mais qui marque un temps dans le cinéma d’action et les polars les plus sophistiqués.

La hausse de la criminalité, l’affaire du Zodiac qui sème la pagaille dans les rues, la guerre du Vietnam et les retombés sur l’Amérique, tout porte à croire que « L’Inspecteur Harry » (Dirty Harry) tombe à pic et dans l’environnement souhaité. Siegel et Eastwood portent l’étendard d’une justice promise aux habitants en quête de sécurité et de vengeance. Le canon de Harry vise juste dans ses intentions et il le prouve dans ses diverses missions où il se repose sur l’expérience. Il dégage tout ce qu’on peut aimer d’un bon film policier, notamment qu’il ne suit pas la tendance de spectateurs capricieux ou de politiciens dont la cote se dégrade, non. Le film s’exprime simplement, coup par coup, étape par étape, dénonçant la malveillance et la trahison du système judiciaire.


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