Ne coupez pas !


Les choses vont mal pour le réalisateur et l’équipe de tournage d’un film de zombies à petit budget dans une installation japonaise abandonnée de la Seconde Guerre mondiale car ils sont attaqués par de vrais zombies.


Brico-déco

Note : 3.5 sur 5.

Par où commencer ? Telle est la question. Le premier long-métrage fauché de Shin’ichirô Ueda empoigne cette idée simple, qu’il met au service de la mise en scène pure et dure, à savoir le regard méta. Alors oui, ce n’est ni vu ni revu, mais quand le bon sens nous attrape, c’est à partir de là que l’on commencera à glousser, sans même s’en rendre compte. Con film nous invite d’entrée de jeu dans un plan-séquence inarrêtable, où un tournage d’un pseudo-film Z prend forme, mais pas seulement. Le cinéaste nous laisse là, avec des personnages qui dérivent, qui entrent en collision et qui devront survivre à une invasion de morts-vivants. Ce qui aurait pu rappeler un certain Romero finit par devenir une entité mutante, qui ne sait jamais ce qu’il est et c’est bien là que l’on viendra nous catapulter, dans un hors champ symbolique et diablement truculent.

Doit-on en rire ou avoir peur ? Le film ne nous laisse évidemment pas le temps de digérer dans une première partie qui fonce à toute allure. L’interprétation reste la nôtre, mais soyez convaincus que ce désordre visuel et mental aboutira à quelque de plus profond et de sincère. Higurashi (Takayuki Hamatsu) est celui qui tient la barre du tournage. Sa colère, sa folie et son envie de bien faire, voilà une intelligence doublement bien représentée. Cette extension d’Ueda trouve la force de paraître intransigeant sur le cadre et c’est sans doute le secret le mieux gardé de l’intrigue, qui bascule soudainement dans un festival de rires à foison. L’approche commerciale et humaine est en déséquilibre permanent, et si l’on patiente suffisamment jusqu’au moment venu, il sera possible de croquer pleinement dans l’expérience du cinéma de genre.

« Ne Coupez Pas ! » se joue autour d’un plan-séquence de 37 minutes, montre en main, afin d’asseoir la légitimité des productions indépendantes à petit budget. C’est barré jusqu’au boutisme et assumé dans un excès à en rebuter plus d’un, mais ceux qui garderont assez de force pour y croire seront récompensés. En attendant, il ne faut pas en souffler un mot et plonger tête baissée dans ce tourbillon infernal, à la fois dramatique et jouissif.


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