Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City


Autrefois le siège en plein essor du géant pharmaceutique Umbrella Corporation, Raccoon City est aujourd’hui une ville à l’agonie. L’exode de la société a laissé la ville en friche… et un grand mal se prépare sous la surface. Lorsque celui-ci se déchaîne, les habitants de la ville sont à jamais… changés… et un petit groupe de survivants doit travailler ensemble pour découvrir la vérité sur Umbrella et survivre à la nuit.


De l’auto-stop pour rebooter

Note : 1.5 sur 5.

Nous avions cru la franchise « Resident Evil » éteinte, dans un dérapage aussi gargantuesque que sa bêtise. Mais la saga de Milla Jovovich derrière nous et des sorties de jeux florissantes, jusqu’à étendre l’univers dans des films d’animation plus ou moins jubilatoires, il n’est donc pas surprenant de retrouver la licence sur le grand écran, encore au moins une fois de plus… On fait tous des erreurs, mais Johannes Roberts pouvait au moins rendre l’ambiance assez décalée, voire rigolote, sachant sa tentative de faire la brasse avec les squales de son « 47 Meters Down ». Hélas, nous nous situons plutôt dans la lignée de son « Strangers : Prey at Night ». Entre le gâchis et le manque de discernement, il régresse encore plus dans son envie de satisfaire un studio qui ne voit pas plus loin que son potentiel éphémère, des cinéphiles et des fans au sang chaud.

De toute évidence, il s’agit d’une recette qui n’a pas pris forme et ne prend surtout pas la peine de se concentrer sur la maigre saveur qu’elle dégage. Tout le monde ne s’appelle pas Spielberg et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais peut-être faut-il comprendre les enjeux et les codes que l’on souhaite soumettre à notre volonté, au lieu de se laisser dominer par autant de maladresses ? Retour aux sources et retour au Raccoon City de la Capcom pour mieux rebondir. C’est ce qui se chuchote dans les premiers instants intrigants, qui feintent d’investir un la paranoïa dans un orphelinat. Et ce sera de la même trempe pour tout ce qui suivra. Le cinéaste britannique tente désespérément de recréer cette atmosphère d’effroi, partagé par les joueurs de la PlayStation. Mais le scénario non cohérent et le montage en avance rapide sabote toute possibilité de maintenir une tension. Le fait de compiler le best-of des deux premiers volets des jeux régale sur le papier, mais l’interaction n’y est pas et tout ce qui en résulte, c’est une détresse qui nous poussera le plus loin possible de l’écran, le plus loin possible de ce reboot, aux airs pop et mal interprété.

Pourtant, toute la trique y est, à commencer par les Redfield. Claire (Kaya Scodelario) reste badass, mais lui servir de la CGI de mauvaise facture en guise ne caractérise pas plus sa combativité et son indépendance. Chris (Robbie Amell) est un outil obsolète, tout comme Albert Wesker (Tom Hopper) et Jill Valentine (Hannah John-Kamen), mais qui auront l’honneur d’hériter des scènes les plus épicées. Mais la pire de toutes les infamies reste dans le personnage oublié de Leon S. Kennedy (Avan Jogia). Il y a une différence entre un apprenti dans le métier et une victime infinie. Roberts ne voit sans doute pas la différence. C’est une des raisons qui fait que tout ce qu’il touche blesse et inquiète pour ses futurs projets. Les initiés reconnaîtront tout ce qu’il faudra pour se sentir à l’aise, mais si c’est pour vomir la présence du scientifique William Birkin (Neal McDonough) et de la mystérieuse Lisa Trevor (Marina Mazepa), il n’y aura pas assez d’adoucissant, même pour convaincre le spectateur occasionnel.

Ni proche de l’expérience du jeu vidéo, ni de celle attendue cinématographiquement, la nouvelle ère de « Resident Evil » s’enracine sur une pente raide. Il en faudrait peu pour que tout s’écroule de nouveau. La ville hantée par sa misère, le manoir par sa solitude et le commissariat pour sa stérilité… Tant de sujets que l’on effleure, sans jamais comprendre ce qui motive l’animation des zombies, d’une race militarisée. Pas non plus d’issues pour se cajoler ou pour jubiler d’un nanar préfabriqué, car ce n’en est pas un. Nous ne sommes que des fantômes, errant dans le cimetière des jeux, qui garderont pour eux toutes ces valeurs horrifiques et humoristiques, qu’on refuse de transposer sur le grand écran. Nous avons beau chercher le nom de Paul W.S. Anderson inscrit quelque part, pour se réconforter ou pour compléter l’échiquier, mais à peine arrivé en face du panneau « Welcome to Raccoon City » que nous avons déjà envie de la quitter, sans peine et sans regret.


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