Star Wars : The Clone Wars


L’histoire se déroule entre l’épisode II et l’épisode III de la saga Star Wars, durant la Guerre Des Clones, opposant l’armée séparatiste de droïdes menée par le comte Dooku à l’armée de clones de la République. La série reprend les principaux personnages des films (Anakin Skywalker, Obi-Wan Kenobi…), de l’univers étendu (Asajj Ventress…) et en introduit de nouveaux, comme Ahsoka Tano (la padawan Togruta d’Anakin), ou le capitaine Rex.

Transitoire et Personnel

Note : 3.5 sur 5.

Nous avons beau le laisser en arrière-plan, avant ou après un rachat historique, George Lucas ne chôme pas pour autant. Un plan était évidemment de rigueur pour palier à un manque d’informations considérables entre deux épisodes qui doivent clôturer un cycle, celui des Skywalker. Bien que la prélogie nous donne des raisons suffisantes pour se convaincre de la perte d’humanité chez un héros si ambigu, il faut également remonter à la source du conflit et de ses conséquences pour tout justifier. L’existence de cette série entretient donc un univers, conquis par des fans dont le sabre reste bien affuté, mais elle émerge également des doutes quant à la continuité d’une œuvre cohérente. C’est pourquoi ce point de non-retour peut en rebuter plus d’un. Et pourtant, la plupart se laisser tenter par la surprise et par l’expérience, premières étapes d’un nouvel espoir.

Souvent mal aimé pour le support politique du conflit de la guerre des clones, la série rend tout de même justice à ce riche univers qu’est Star Wars. Les horizons sont nombreux et le divertissement animé tient, malgré tout, ses promesses. Passé le temps d’un markéting intensif, le second souffle apparaît sous des casques loin d’être vides de sens et encore moins dépourvus d’humanité. Les clones ont beau avoir le même visage, mais l’héritage de Jango Fett est encore loin derrière. Cette thématique n’est pas la plus récente, mais sa mise en scène propose de nourrir l’affection pour des personnages populaires et pour d’autres qui le deviendront. L’exploration du nouveau et l’approfondissement de l’ancien résonne au fil des épisodes, mais dans son ensemble l’intérêt semble inégal. Entre le côté obscur grandissant et la chute de la République Galactique, on se permet des moments d’égarements afin de développer l’apprentissage fantôme d’Anakin Skywalker. La série s’adapte ainsi à ses personnages, en veillant à ne pas rompre la continuité et le destin de tout ce beau monde.

Il serait futile d’énumérer les acteurs majeurs du conflit, mais parmi les nouveaux arrivants, la padawan Ahsoka Tano sort du lot. La plus humaine, c’est bien elle, malgré son affiliation à l’ordre des Jedi, aveuglé par ses valeurs et son manque de souplesse vis-à-vis de ce que la Force peut représenter. La culture de cette notion est approfondie dans quelques arcs, mais le plus bouleversant dans cette histoire, c’est qu’on prend au sérieux le sujet. La tragédie se marie avec une maturité des plus sincère. Le public s’identifie alors aisément auprès de cette Togruta à la fois amusante et persuasive. Il apprend et il s’élève dans la durée. Voilà près de douze ans que les conflits se développent au-delà des frontières des films, que les héros trébuchent et se relèvent sans cesse, tout cela pour aboutir à « La Revanche des Sith ». Cette précision se confirme dès lors que l’on approche d’un dénouement doux, amère mais intime entre Ahsoka et une société qu’on s’est gardé de préserver. L’écriture des personnages induit une morale, que l’on retrouve à chaque épisode, précédent le retour d’une ultime saison. Si l’objectif est d’établir plus de transparence sur la culture de la saga, l’approche s’avère plutôt efficace, bien que peu subtile par moment. Nous ne sommes jamais à l’abris d’épisodes fillers, mais chaque moment fort, nous les dégustons avec une sacrée hargne.

« The Clone Wars » a décidé de s’inscrire dans la continuité de la précédente série animée « Clone Wars », mais s’illustre comme un complément. Ils diffèrent notamment par l’esthétique, plus insolite dans la version récente et plus appliqué dans la précédente. En revanche, ce qui réjouit, ce sont bien les décors qui se cristallisent dans un portrait moins linéaire d’une saga qui continue de faire rêver. La fluidité de l’animation aura toutefois mérité un éveil au bout d’un certain temps, conférant ainsi au spectateur plus d’immersion, car n’oublions pas que le fantôme de John Williams n’est jamais très loin. L’alliance entre l’épique et la noblesse promet un divertissement garanti, tout en renouant avec un monde ambigu, où le mal et le bien peuvent de confondre, où tout le monde peux tomber de son piédestal. Et si la question de légitimité de la série se posait, il semblerait que la réponse soit positive par bien des aspects. Outre quelques incohérences, la conception même de la série repose sur une frustration que l’on panse par le goût de l’aventure, des révélations nuancées et de sabres laser plus chauds que jamais.

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